0

Lundi, à l’occasion d’une nouvelle opération « in our site », le gouvernement américain a annoncé a la saisie de 132 noms de domaine et de comptes PayPal associés (ce qui nous amène à 1630 domaines saisis depuis 2010). Comme a chaque fois, la subtilité américaine est de mise : on saisit et puis on réfléchit/juge. Les sites visés seraient des sites vendant des contrefaçons à l’occasion du cyber-monday (moment d’allégresse post-thanksgiving où les foules virtuelles font des offrandes au dieu Kapitalism en achetant des produits soldés dont ils n’ont pas besoin).

La où l’opération fut originale est que 31 des 132 noms de domaines possédaient des domaines de premier niveau européens. Cela a été possible avec la coopération d’Europol et de la police de plusieurs pays européens. Auparavant, ces opérations ne visent que les domaines en .com, .net, .cc ou .tv car gérés par Verisign, société américaine (le pays dans lequel les données sont hébergées n’a pas d’importance). Grâce à cette coopération, des domaines en .eu, .be, .dk, .fr, .ro et .uk (on a trouvé les cafteurs) ont été également saisi. Le cas du .eu est d’autant plus alarmant qu’il est géré par EURid, un consortium de trois registars européens (Belgique, Italie et Suède) créé par la commission européenne. On le pensait assez résistant contre les risques de censures.

Attention, je ne défends pas les sites web proposant du contenu illégal. Seulement il n’est pas garanti qu’ils soient réellement illégaux. On a par exemple le site espagnol RojaDirecta.com qui proposait des liens pour regarder des matchs sportifs en streaming. Le problème est que ce site a été jugé légal par le gouvernement espagnol. Cela n’a pas d’importance pour le gouvernement américain puisqu’un mandat à suffit à saisir le nom de domaine (qui fut récupéré après plus d’un an suite au combat du propriétaire). Ceci n’est qu’un exemple parmi d’autres de ce que je considère comme un abus de la part des américains.

Ces saisies visaient des sites proposant des contrefaçons mais il ne serait pas très étonnant de voir s’appliquer la coopération à des sites de torrent qui avaient prit l’habitude d’abandonner le trop risqué .com (piratebay, ils sont bons tes rapports avec la Suède ?). Pourquoi pas des sites qui dérange comme WikiLeaks dans le future ? Je ne sais pas s’ils ne l’ont pas encore fait parce qu’ils ont peur de la réaction des gens ou parce qu’ils savent que ça serait inutile au vu du nombre de miroirs présents.

Hey John, t’as vu comme ces cons y croyaient avec leur .eu ?

Le problème n’est pas la coopération internationale mais le fait que cela enfonce l’idée que l’Amérique a un contrôle sur internet. La gestion centralisée des noms de domaine par l’ICANN et l’influence du gouvernement américain est clairement un problème permettant ce genre de dérive. Il y a quelques temps, j’avais parlé d’OpenNIC et des noms de domaine décentralisés. Il est plus que temps que ce genre d’alternatives sorte de la sphère geek-parano (et se professionnalise un peu plus). Le .onion de Tor risque également de séduire quelques personnes.

Le future nous dira comment les saisies se poursuivront et dans quel sens mais on peut s’attendre à ce que ce genre de coopération se répète dans le futur. Je crains que la liberté sur internet sera encore mise a rude épreuve prochainement.

[Source]

Mise à jour 5/12/12: il semblerait qu’EURid, responsable des .eu, refuse de donner des informations sur la saisie comme de qui vient la demande ou pour quelle raison. Je sens que je vais regretter mon achat de .eu moi. Plus d’info : Complaint To Brussels Prosecutor Put BitTorrent Domains In Peril.

Laissez un commentaire




Avatars par gravatar, balises html classiques autorisées.

css.php